Bilan Indonésie

En chiffres

  • 24 jours, du 18 avril au 11 mai 2012
  • 8,95 millions de Rupiahs dépensées soit 750€
  • 5 rencontres et hébergements avec des couchsurfers locaux
  • 0,38€ le litre d’essence soit moins de 2€ le plein pour une moto
  • +150 photos de nous, prises par des locaux en une journée à Taman Mini
  • 2h du matin, heure d’arrivée au point de vue sur Bromo pour le levée du soleil

Made Indonésie

C’est lors de notre visite au grand parc Taman Mini à Jakarta que nous avons très vite découvert l’histoire et la variété culturelle d’un pays aux 17000 îles. Nous ne connaissions quasiment rien de l’Indonésie avant notre arrivée. Le temps que nous y avons passé et les lieux où nous nous sommes arrêtés nous ont toutefois permis d’avoir un bel aperçu de ce pays humainement et culturellement très riche, nous offrant rencontres et découvertes extraordinaires. Malgré que nous n’ayons parcouru que 2 îles !!

Accueillis en amis

Une nouvelle fois grâce au site internet Couchsurfing, nous avons pu vivre à plusieurs reprises le quotidien de familles indonésiennes. Souvent accueillis comme des amis de longue date, nos échanges ont été plus qu’enrichissants. Ainsi nous avons pu discuter de l’éducation des enfants, du quotidien de la jeunesse, de l’importance de la religion et assurément de la place du jeu au sein de la société. A Yogjakarta, Fitra, Ipie et Candra ont partagé leur …  En fait ils ont tout partagé avec nous. Nous savons maintenant qui sont les jeunes indonésiens, ce qu’ils font le week-end, quels sont leurs rêves mais aussi leurs difficultés.

Richesse artisanale

L’autre point fort de l’Indonésie, c’est un artisanat encore très présent et plutôt productif. Ici, le made in china n’a pas pris d’assaut les étales des marchés locaux. Malheureusement limités par le poids de nos bagages, nous n’avons pas succombé aux nombreuses tentations d’achats. Les produits phare ici, ce sont les vêtements batiks. Il en existe de toutes les couleurs et les motifs parfois considérés comme des oeuvres d’art sont innombrables. La réalisation à la main de ces motifs est tout à fait impressionnante.

Tout aussi intéressant et fascinant, ce sont les ustensiles de cuisine, les toiles, les chapeaux, les sacs, les abats-jour et jeux en tout genre.

Les vacances à midi

Nous avons souvent été surpris de croiser de nombreux enfants dans les rues, les parcs, et ce, à toute heure de la journée. En effet, passé midi, comme le dit la chanson, « l’école est finie! ».  Aussi, s’occupent-ils comme bon leur semble, le plus souvent sans surveillance. Il n’est pas rare d’ailleurs de croiser des enfants de 10 à 14 ans, conduisant une moto, transportant derrière eux, frères, soeurs ou amis parfois plus jeunes encore. Un rythme de vie différent pour ces enfants comme ces parents, qui dévoile une éducation souvent plus laxiste que celle à laquelle nous sommes habitués.

Le parrain en tricycle

C’est au cours de notre passage à Pandangaran chez François, le gérant de l’auberge « Panorama la Plage » que nous avons découvert l’impensable. « Vous avez dû les voir roder un peu partout… » supposait-il. « Les becaks ! » Depuis quelques minutes, nous questionnions François sur son métier, son choix de vie, son intégration en Indonésie.  Les becaks, ce sont ces hommes à moto ou vélo qui, dans certaines villes, nous attendent à la sortie du bus pour nous proposer les auberges au meilleur prix et qui nous suivent aux quatre coins de la ville malgré nos refus et notre entêtement à vouloir les ignorer. Ils sont parfois des dizaines à tourner en rond, à stationner dans les grandes rues, à observer le touriste passer. Avec les explications de note ami, nous découvrons un véritable système mafieux. Un sujet semble-il difficile et douloureux.

« Au début, j’avais décidé de les ignorer et de refuser de les payer. J’allais moi-même à la gare routière pour tenter de récupérer des clients. Malgré tout ils me demandaient de l’argent pour chacun de mes clients. Chaque touriste qui débarque dans cette ville représente pour eux une sorte de droit, un dû qu’ils s’empressent d’aller requérir auprès de l’auberge qui les héberge. Il m’a fallu 6 mois pour accepter que je devais me plier à leurs règles si je voulais avoir des clients. Ils faisaient tout pour me ruiner. Aujourd’hui, je serre les dents mais je leur verse leur commission pour chaque client que je reçois. » Nous sommes outrés d’entendre pareil discours. – « Et combien tu leur donnes ? » – « Une nuit » nous répond François. Il semble à peine y croire lui-même. « Et si un client ne reste qu’une nuit, je verse la moitié. Autant dire qu’avec le service et le petit déjeuner que l’on propose ici, ce n’est pas très avantageux pour nous. Heureusement notre auberge fonctionne de mieux en mieux et les voyageurs aiment y rester plusieurs jours » finit-il par déclarer, retrouvant enfin son sourire. Nous ne pourrons alors nous empêcher de regarder ces becaks d’un mauvais œil jusqu’à la fin de notre passage en indonésie, tentés de leur crier « bons à rien » à leur approche.

Contre-pieds et mains courantes

Dans notre quotidien français, coutumiers des voitures confortables et climatisées, des voyages en train à grande vitesse avec siège inclinable, on ne peut s’imaginer la routine du transport indonésien.

Confort et standards

En effet, le confort n’est pas la priorité dans les transports indonésiens. Ce qui n’est pas forcément vrai dans d’autres pays d’Asie du sud-est tel que le Laos ou le Vietnam. Toutefois, ce qui marque vraiment le voyage ce n’est pas tant l’état de votre siège mais l’état de la route. De plus, les standards en terme d’occupation de l’espace ne sont pas du tout appropriés à la morphologie européenne (ou occidentale). Voilà un joyeux cocktail qui rapproche aussi bien votre coude de celui du voisin que votre tête au plafond lors des multiples secousses du dit transport.

Un tour de chant et puis s’en vont

On trouve peu de mendiants dans les rues… puisqu’ils ne se trouvent que dans les transports. Pas un arrêt digne de ce nom où, ce qu’on appellerait « artiste de rue », ne monte ou ne descende du bus. Parfois le numéro dure 30sec parfois 5min mais toujours il se termine par un tour de quête dans l’allée centrale. Les artistes ont de 7 à 77ans, en solo, duo ou trio, instrumentalisés ou à cappella. Dans 90% des cas, l’interprétation est de piètre niveau mais n’est-ce pas le geste qui compte ? Un aperçu de ce qui nous a plu…


Taî Ta Diiii by r2mica

Mise à pieds

L’Indonésie, c’est aussi le pays où l’on ne marche pas. Tous voyagent à moto ou dans les nombreux bus et mini-bus qui sillionnent le pays de façon quasi permanente. Nous avons pu constater les montées et descentes de la population locale pour 250m à parcourir, dans les minibus que nous avons empruntés pour traverser la ville. Alors lorsque nous décidons de parcourir la ville à pieds afin de mieux la découvrir, notre hôte insiste pour que nous prenions la moto et se montre perplexe quant à notre décision finale de marcher. En effet, nous étions bien seuls pendant cette ballade. Il faut savoir qu’un trajet en ville de courte durée coûte en moyenne 2000 rupiahs soit 0,15€. Traverser la ville coûte 1,20€ pour deux.

Nous avons pu constaté une nouvelle fois à quel point la moto est ici ce que la voiture est chez nous. Lors de notre passage à Yogjakarta avec les jeunes, nous avons sillonné la campagne, pendant parfois plus de 3h, en moto. Une épreuve pour nous, un plaisir pour eux.

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